Nutri-Score 2023 : ce qui change dans le calcul
Le logo A-E n'a pas bougé, mais la façon dont il est calculé, si. Le comité scientifique international qui pilote le Nutri-Score a révisé sa formule en 2022-2023, et la France l'a transposée en droit par l'arrêté du 14 mars 2025. Résultat : entre 30 et 40 % des produits changent de lettre.
Voici le détail du nouveau barème, catégorie par catégorie, avec les sources officielles.
Deux votes, un an d'écart
La révision n'est pas venue d'un coup. Le comité scientifique du Nutri-Score, qui réunit des représentants de la France, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, la Suisse et le Luxembourg, a voté deux rapports distincts :
- 29 juin 2022 — approuvé le 26 juillet 2022 : nouveau barème pour les aliments solides, les matières grasses/huiles/noix/graines, et un cas particulier pour la viande rouge.
- 1er février 2023 — rapport dédié aux boissons, avec un algorithme différent des aliments solides.
Ces deux rapports scientifiques sont la base transposée en droit français par l'arrêté du 14 mars 2025 (Journal Officiel). Selon Santé publique France, les entreprises disposent d'un délai de deux ans après la mise en œuvre coordonnée pour actualiser leurs emballages : les deux barèmes, ancien et nouveau, coexistent donc sur les rayons pendant la transition.
Aliments solides : les mêmes 4 critères défavorables, des seuils resserrés
Pour la majorité des produits (hors matières grasses et boissons), le calcul reste basé sur 4 critères défavorables — énergie, sucres, acides gras saturés, sel — et 3 critères favorables — protéines, fibres, part de fruits/légumes/légumineuses. Ce qui change : les seuils de points sont resserrés sur plusieurs paliers, ce qui pénalise davantage le sucre et le sel à quantité égale par rapport à l'ancien calcul.
La nouveauté qui change le plus de choses : le plafond protéines pour la viande rouge
Pour la viande rouge (bœuf, veau, porc, agneau, gibier, cheval, chèvre, chameau, kangourou), le nombre de points protéines est désormais plafonné à 2 points, contre 7 auparavant. La logique : le fer de la viande rouge est en grande partie du fer héminique (environ 75 % selon le rapport du comité scientifique), ce qui justifiait de ne plus laisser le score « protéines » compenser autant les autres critères.
Matières grasses, huiles, noix et graines : une catégorie à part entière
C'est le changement le plus structurant. Avant, l'huile de coco et l'huile de colza étaient jugées sur la même échelle d'énergie totale que n'importe quel aliment. Depuis la révision, cette catégorie (huiles, margarines, beurre, crème, noix, graines) est évaluée sur un critère spécifique : l'énergie issue des acides gras saturés (saturés en g/100g × 37), et non plus l'énergie totale.
Concrètement, ça permet de mieux distinguer une huile riche en graisses insaturées (olive, colza) d'une huile riche en graisses saturées (coco, palme), alors que les deux ont une densité calorique proche. Autre particularité de cette catégorie : le plafond protéines y est fixé à 7 points (pas 2), pour différencier des noix nature de noix salées ou sucrées.
Boissons : le changement qui surprend le plus
Les boissons ont leur propre algorithme depuis toujours, mais deux nouveautés du rapport de février 2023 changent la donne :
- Les édulcorants non-nutritifs sont désormais pénalisés — la présence d'un édulcorant de la liste réglementaire (E950, E951, E952, E954, E955, E957, E959, E960a, E961, E962, E969) dans la liste d'ingrédients ajoute automatiquement 4 points défavorables, indépendamment de la quantité. Une boisson édulcorée « zéro sucre » n'est donc plus notée comme équivalente à de l'eau.
- Le seuil de départ pour les sucres est abaissé à 0,5 g/100 mL, aligné sur le seuil réglementaire de l'allégation « sans sucres », contre un seuil plus haut auparavant.
Selon mangerbouger.fr, ce sont notamment ces deux points qui font que certaines boissons « light » perdent des lettres avec le nouveau calcul, quand des féculents complets riches en fibres ou des poissons gras en gagnent.
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Aliments solides
| Points | Classe |
|---|---|
| Min à 0 | A |
| 1 à 2 | B |
| 3 à 10 | C |
| 11 à 18 | D |
| 19 à max | E |
Matières grasses / huiles / noix / graines
| Points | Classe |
|---|---|
| Min à -6 | A |
| -5 à 2 | B |
| 3 à 10 | C |
| 11 à 18 | D |
| 19 à max | E |
Boissons
| Points | Classe |
|---|---|
| Eau | A (automatique) |
| Min à 2 | B |
| 3 à 6 | C |
| 7 à 9 | D |
| 10 à max | E |
Ces trois grilles ne se lisent pas de la même façon d'une catégorie à l'autre : un même nombre de points ne correspond pas à la même lettre selon qu'il s'agit d'un aliment solide, d'une matière grasse ou d'une boisson.
Un dernier détail qui change le classement des fruits/légumes
Pour les aliments solides, la part de fruits/légumes/légumineuses peut désormais rapporter jusqu'à 10 points favorables. Pour les boissons, ce composant est plafonné à 6 points — un calibrage volontaire du comité scientifique pour ne pas faire changer de catégorie les jus de fruits purs par rapport à l'ancien système. Autre nuance : les noix et les huiles ne comptent plus dans ce composant pour les aliments solides classiques (elles ont leur propre catégorie), sauf pour les huiles qualifiantes (olive, avocat) dans la catégorie matières grasses.
Radish applique déjà le nouveau calcul
Le nouveau barème n'est pas qu'une curiosité réglementaire : c'est ce qui détermine la lettre que tu vois sur chaque produit. Dans Radish, le Nutri-Score affiché sur chaque aliment est calculé avec ce barème révisé (2022-2023), à partir de données nutritionnelles officielles (CIQUAL/USDA) — pas l'ancienne formule de 2017. À notre connaissance, la plupart des applications grand public de suivi calorique n'ont pas publiquement communiqué sur une migration vers ce nouveau barème : impossible donc de savoir, sans le vérifier produit par produit, quelle version du calcul elles utilisent réellement.
Informations générales, pas un avis médical ni juridique. Situation à jour au 27 juillet 2026.
Questions fréquentes
Le Nutri-Score a-t-il vraiment changé de calcul ?
Oui. Le comité scientifique international du Nutri-Score a voté un nouveau barème pour les aliments solides et les matières grasses le 29 juin 2022, puis pour les boissons le 1er février 2023. La France l'a transposé par l'arrêté du 14 mars 2025.
Combien de produits changent de lettre avec le nouveau Nutri-Score ?
Entre 30 et 40 % des produits, selon mangerbouger.fr. Les huiles riches en bonnes graisses, les féculents complets et certains poissons gras sont mieux notés ; les boissons édulcorées sont désormais pénalisées comme les boissons sucrées.
Pourquoi les boissons édulcorées perdent-elles des points maintenant ?
Parce que la présence d'un édulcorant non-nutritif réglementé (comme l'E950 ou l'E960a) dans la liste d'ingrédients ajoute désormais automatiquement 4 points défavorables, quelle que soit la quantité utilisée.
Radish utilise-t-il l'ancien ou le nouveau barème ?
Le nouveau : Radish calcule le Nutri-Score affiché sur chaque aliment avec le barème révisé 2022-2023, à partir de données nutritionnelles officielles.
Retiens l'essentiel : le calcul du Nutri-Score a changé en profondeur en 2022-2023, transposé en droit français par l'arrêté du 14 mars 2025, avec 30 à 40 % des produits qui changent de lettre. Radish applique déjà ce nouveau barème sur chaque aliment, gratuitement et hors-ligne.
Informations générales, pas un avis médical ni juridique.
🔎 Méthodologie & sources. Chaque chiffre nutritionnel de cet article est recoupé avec les sources officielles (ANSES, EFSA, OMS, CIQUAL/USDA, Santé publique France, rapports du comité scientifique du Nutri-Score), et les sujets santé sont relus avant publication selon notre référentiel interne. Voir notre méthodologie complète →
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