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BMR et TDEE : quelle formule choisir ? Les méthodes comparées

En bref

La formule de Mifflin-St Jeor (1990) est celle que les organismes de santé recommandent le plus souvent aujourd'hui : elle prédit le métabolisme de base à ±10 % de la valeur mesurée par calorimétrie chez davantage de personnes que les formules plus anciennes. Aucune formule, cependant, ne remplace une mesure directe.

Radish · 9 min

Tapez « combien de calories par jour » et vous tombez sur des dizaines de calculateurs qui donnent chacun un chiffre légèrement différent. La raison est simple : ils n'utilisent pas tous la même formule. Certaines datent de 1919, d'autres de 1990, d'autres encore sont des tables par tranche d'âge publiées par l'OMS et la FAO. Aucune n'est fausse, mais elles n'ont pas la même précision.

Ce guide détaille les formules qui existent réellement, avec leurs équations exactes et leurs marges d'erreur documentées par des comparaisons contre la calorimétrie indirecte — la seule méthode qui mesure la dépense énergétique plutôt que de l'estimer.

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BMR, TDEE, DEJ : de quoi parle-t-on exactement

Trois notions, souvent confondues :

Toutes les formules ci-dessous calculent le BMR (ou une valeur assimilée). Le TDEE s'obtient ensuite en multipliant par un facteur d'activité, comme détaillé dans notre article sur les calories par jour.

La formule de Mifflin-St Jeor (1990)

Publiée par Mifflin et ses collègues en 1990 dans l'American Journal of Clinical Nutrition, c'est aujourd'hui la formule la plus recommandée par les diététiciens et nutritionnistes anglo-saxons pour la population générale. Elle utilise le poids, la taille, l'âge et le sexe :

Une revue systématique publiée dans le Journal of the American Dietetic Association a comparé les principales équations à des mesures de calorimétrie indirecte : Mifflin-St Jeor prédisait le métabolisme de repos à ±10 % de la valeur mesurée chez une plus grande proportion de personnes (obèses et non obèses confondus) que les équations plus anciennes de Harris-Benedict, Owen ou OMS/FAO/UNU, avec la marge d'erreur la plus étroite du groupe testé.

La formule de Harris-Benedict (1919, révisée en 1984)

Historiquement la première formule largement utilisée, publiée par Harris et Benedict en 1919 puis recalculée par Roza et Shizgal en 1984 :

Sur l'échantillon combiné (participants obèses et non obèses) d'une comparaison publiée en 2005, Harris-Benedict, Mifflin et l'équation OMS/FAO/UNU prédisaient chacune la dépense énergétique de repos dans une fourchette de ±10 % chez environ 55 à 58 % des participants : les trois formules se valent globalement sur un échantillon mixte, l'écart se creuse surtout dans des sous-groupes précis (obésité sévère, personnes âgées).

L'équation OMS/FAO/UNU (équation de Schofield)

Développée pour les rapports conjoints de l'Organisation mondiale de la santé, de la FAO et de l'université des Nations unies sur les besoins énergétiques, cette équation — issue des travaux de Schofield — n'utilise que le poids et une tranche d'âge, sans taille :

Cette famille d'équations est documentée dans le rapport technique de la FAO sur les besoins énergétiques des adultes. Elle reste une référence dans les manuels de diététique clinique, mais son absence de variable de taille la rend moins précise chez les personnes dont la morphologie s'écarte de la moyenne de l'échantillon original (mesuré sur des populations essentiellement européennes du XXᵉ siècle).

La formule de Katch-McArdle (masse maigre)

Cette équation ne dépend ni du sexe ni de l'âge, mais de la masse maigre (le poids total moins la masse grasse) :

Elle est théoriquement plus précise chez les personnes très musclées ou à composition corporelle atypique, à condition de connaître sa masse maigre avec fiabilité. C'est justement le point faible : les balances à impédance bioélectrique grand public ont une marge d'erreur significative sur l'estimation de la masse grasse, ce qui peut introduire plus d'imprécision que ça n'en corrige.

Pourquoi aucune formule ne « tombe juste »

Toutes ces équations sont des régressions statistiques calées sur des échantillons de population : elles prédisent une moyenne, pas votre métabolisme individuel. Le métabolisme de base réel dépend aussi de la masse musculaire, de la génétique, de la fonction thyroïdienne, du climat et de l'historique de restriction calorique — des facteurs qu'aucune formule à 3-4 variables ne capture entièrement. La seule mesure directe est la calorimétrie indirecte (analyse des gaz respiratoires), réalisée en clinique ou dans certains centres spécialisés.

Ce qu'il faut retenir pour un usage quotidien

Pour la plupart des gens, la formule de Mifflin-St Jeor offre le meilleur compromis simplicité/précision documentée. Mais le chiffre obtenu n'est qu'un point de départ : la vraie validation vient de l'observation de votre poids sur 3 à 4 semaines à apport constant. Si le poids bouge plus ou moins vite que prévu, c'est votre TDEE réel qui parle, pas la formule. Pour situer ce chiffre dans une alimentation équilibrée, l'ANSES publie ses propres repères de consommation pour la population française.

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Questions fréquentes

Quelle formule est la plus précise pour la majorité des gens ?

Les comparaisons publiées montrent que Mifflin-St Jeor (1990) prédit le métabolisme de repos dans une marge de ±10 % de la valeur mesurée chez une plus grande proportion de personnes que les formules plus anciennes, avec la marge d'erreur la plus étroite du groupe comparé.

Faut-il connaître sa masse maigre pour utiliser Katch-McArdle ?

Oui, et c'est sa limite pratique : les balances à impédance bioélectrique grand public estiment la masse grasse avec une marge d'erreur significative, ce qui peut rendre le résultat moins fiable qu'une formule basée sur le poids total.

Une formule peut-elle remplacer une mesure en laboratoire ?

Non. Toutes ces équations sont des estimations statistiques calées sur des échantillons de population, pas des mesures individuelles. Seule la calorimétrie indirecte mesure réellement la dépense énergétique d'une personne.

Aucune formule ne remplace une mesure directe par calorimétrie indirecte, mais Mifflin-St Jeor reste, sur la littérature disponible, l'estimation la plus fiable pour la population générale. Le plus important reste de suivre la tendance de votre poids sur plusieurs semaines et d'ajuster, plutôt que de traiter un chiffre de calculateur comme une vérité absolue. Envie de suivre vos apports sans complication ? Essaie Radish, gratuit : calcul du TDEE inclus, Nutri-Score quand les données le permettent, et ton journal reste sur ton téléphone — jamais transmis à nos serveurs (hors IA et scan de code-barres, si tu les utilises).

Informations générales, pas un avis médical.

🔎 Méthodologie & sources. Chaque chiffre nutritionnel de cet article est recoupé avec les sources officielles (ANSES, EFSA, OMS, CIQUAL/USDA, Santé publique France), et les sujets santé sont relus avant publication selon notre référentiel interne. Voir notre méthodologie complète →

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